Billets de train SNCF nominatifs et non cessibles : est-ce simplement légal ?

Billet nominatifs non cessible legal

Entretien croisé avec un de nos clients-amis qui se demande à juste titre si la SNCF est dans son bon droit en rendant certains billets nominatifs et non cessibles (c’est le cas des e-billets, par exemple). Extraits ! Nous avons caché l’identité de notre client philosophe derrière un pseudonyme passe-partout pour préserver son anonymat, mais il se reconnaîtra dans toutes ces propositions et réponses qu’il a lui même formulée.

Mysterious : Bonjour, j’ai cherché sans succès à me documenter sur la légalité des billets nominatifs et je me tourne vers vous pour une réponse éventuelle. Quels sont le raisonnement de la SNCF et la justification juridique de l’interdiction de vendre, ou même donner, un billet nominatif ? Si j’achète un kilo de bananes au marché, je peux le revendre à Tartanpion qui peut le revendre à Untel, qui peut le vendre à Quisaisje. Quel peut être le préjudice pour la SNCF que ce soit moi, Tartanpion, Untel ou Quisaisje qui occupe la place indiquée ?

Département juridique de leguichet.fr : Bonjour, merci pour votre message et cette question « ouverte ». D’un point de vue purement théorique, il est effectivement étonnant qu’un produit/service vendu, quel qu’il soit, ne permette pas à son propriétaire d’en jouir comme bon lui semble, notamment en le revendant.La seule raison qui nous ferait accepter cette contrainte comme une nécessité serait une problématique de sécurité, comme il peut s’en poser dans le cas de voyages en avion, par exemple. Cela ne nous semble pas être le cas en ce qui concerne les billets de train, donc cela ne répond pas à notre question, mais cela légitime (de notre point de vue) l’existence de produit/service dont la revente n’est pas envisagée lors de la vente en première main.

M : Je suis d’accord qu’exceptionellement il ne soit pas possible de revendre quelque-chose, plus particulièrement des billets d’avion. Pour ce qu’il y a de terrorisme ferroviaire on n’imagine pas qu’il puisse être aussi grave que la chute d’un avion.

DJDLGF : De même, les contrôles aux douanes et à l’immigration nécessitent des processus lourds qui expliquent la rigidité des billets d’avion. Du point de vue de la SNCF, le caractère nominatif de ces billets est présenté comme un progrès : plus de billet volé ou perdu, plus besoin de composter son billet, possibilité de modifier son voyage à distance. Le billet n’a plus de valeur en lui même, c’est réellement le voyage qui est valorisé. Là où le bat blesse, c’est que ce caractère nominatif ne devrait pas s’opposer au caractère cessible du billet. On peut comprendre que cela représente un coût pour la SNCF, mais c’est typiquement le genre de service qui devraient rentrer dans le périmètre de la prestation vendue à l’acheteur d’origine, ou qui pourrait au moins être sur-facturé, mais toujours possible.

M : C’est presque le cas maintenant avec les billets iDTGV et OUIGO où l’on peut, moyennant finance (scandaleuse compte tenu de l’effort requis), changer le nom du voyageur (plus cher chez OUIGO dans certains cas que le transport d’une personne sur une distance de 1.000km à 250km/h !). Ceci permet la vente effective du billet pour autant que l’acheteur ait confiance dans le vendeur.

DJDLGF : Au final, la réponse n’est donc peut-être qu’un abus de position dominante de la SNCF, qui peut se permettre de s’offrir quelques clients mécontents, car ils resteront clients tant qu’ils continueront à vouloir prendre le train !

M : C’est bien la position dans laquelle j’estime me trouver. Je vais peut-être éviter les billets nominatifs et l’utilisation de ma carte Grand Voyageur, afin de pouvoir les vendre ou les passer à parents et amis. Jusqu’ici j’avais effectivement perçu ce genre de billet comme un progrès, mais je pourrais peut-être changer d’avis. Sachant que vous existez, je vais reconsidérer mon point de vue sur les prem’s (ndlr : !)

Une bien belle discussion, donc qui ne nous aura malheureusement pas permis de nous faire un avis définitif sur la question, et nous ramène à la requête initiale du mystérieux Mysterious : « Je comprends que vous ne gagnerez pas beaucoup d’argent en m’aiguillant vers les lois et la jurisprudence concernées, mais si vous pouvez le faire je vous en serais reconnaissant ! » Je prolonge donc cet appel à la bonne action à tous ceux qui pourraient avoir une idée sur la question : n’hésitez pas à nous le faire savoir, en commentant cet article ou directement par email à la-sonette@leguichet.fr. Amis juristes, c’est à vous !

Au menu du wagon-bar TGV SNCF

Plat wagon bar SNCF TGV

Depuis le 3 Novembre dernier, la SNCF renouvelle le menu de ses fameuses voitures-bar, dont la réputation souffrait quelque peu depuis l’invention du « sandwich SNCF ». D’ici un mois, tous les TGV proposeront aux voyageurs de nouvelles salades, sandwichs, croissants et autres douceurs.

Le grand retour de la qualité dans le TGV

C’est le retour des produits de marque : Daily Monop’, Illy, Angelina (« Oui, c’est une grande marque de chocolat chaud, fondée en 1903″). Mais il sera surtout possible de dejeuner comme au restaurant, en prenant un menu entrée+plat+dessert à 20,90€. Comme au restaurant !

A la carte des voitures 4 et 14 il y a :

Des salades, des soupes, des fruits frais, du café, du chocolat chaud, des snacks, des produits avec ou sans gluten, des produits bio, des produits régionaux (canelés, calissons d’Aix, pain d’épices), un menu enfant avec une surprise, le fameux plateau repas haut de gamme concocté en partenariat avec Paul, des gourmandises Michel & Augustin, des… la carte est disponible plus bas !

Le train pas cher ou le wagon bar ?

Le train pas cher ou le wagon bar : dilemme insoluble dans un billet prem’s ? Clairement les prix seront plus élevés même si certains prix d’appel permettront de se sustenter sans se ruiner (le sandwich SNCF ne va pas non plus disparaître!). Rien ne vaut cette petite statistique pour nous prouver qu’on peut échapper sans problème au coca à 4€ : dans un TGV, trois quarts des voyageurs se nourrissent à bord, et seul un quart y achète de quoi manger. Vive le sandwich au pâté !

Le nouveau menu du wagon bar TGV SNCF ?

Le nouveau menu de la SNCF sur les TGV

Le nouveau menu de la SNCF sur les TGV

Mais qui décide du prix des billets de train SNCF ?

Les tarifs SNCF évoluent en permanence
Le 17 Octobre aura été une occasion pour tout le monde de donner son avis sur la politique tarifaire de la SNCF en ce qui concerne les billets train, et plus précisément du TGV. Et ca donne des voyageurs éxcédésexaspérés, qui ne comprennent pas des tarifs SNCF, tarifs trop chers, disparates, opaques, et en plus, qui ne sont pas prêts de baisser. Mais qui a donc bien pu choisir des prix qui mécontent tant de monde ?

La main invisible des acheteurs de billets de train

La réponse est bien connue et tient en un mot : le yield management. C’est donc les voyageurs eux mêmes, en achetant des billets massivement ou pas, en avance ou pas, qui fixent les prix des futurs billets, pour maximiser les ventes de billets à l’échelle du train dans son ensemble. Chacun cherchant son propre billet pas cher, l’intérêt commun est mécaniquement maximisé  paraît-il : objectif doublement atteint pour la SNCF, qui est presque un service public, ne l’oublions pas ! (c’est une entreprise qui propose des services commerciaux mais est aussi amenée à effectuer du service public dans le cadre de contrats de délégation ; merci @ami_ac pour la précision) Malheureusement, la réponse à notre question apparaît simplement : la SNCF n’est plus officiellement responsable de ces variations de prix, c’est du côté l’offre et de la demande qu’il faut aller voir.

Des billets pas chers, un peu, des billets chers, beaucoup

En théorie, cela pourrait parfaitement fonctionner. Dans la pratique, ça donne une infime proportion de billets à très bas prix, une grosse majorité de billets à prix moyens, et quelques billets très chers, le tout étalé sur une vingtaine de tarifs différents. Du point de vue de la SNCF, ce système de tarification est plus rentable. La variable d’ajustement qui n’est malheureusement pas prise en compte, c’est la satisfaction des utilisateurs, ou dans notre cas, sa frustration.

Du plaisir de taper sur la SNCF

Reste que se plaindre de la SNCF est un sport national, quasiment officiel : pour ceux qui n’ont pas pris le temps de cliquer sur les liens la-haut, ce sont bien Le Point, Le Parisien, Le Figaro, L’Express, et L’Echo Touristique (!), parmi beaucoup d’autres, qui y vont de leur petit mot à la suite d’une étude plus officielle de l’association de consommateurs CCLV. Et les avis sont rarement positifs, même quand la SNCF a de vraies bonnes idées, comme le lancement de OUIGO en février dernier, qui n’a pas non plus convaincu, « car on ne peut même pas prendre une grosse valise ». N’oublions pas que le TGV, c’est bien. Surtout quand on a un bon plan pour acheter ses billets au meilleur prix, bien sûr !

Billets de train pas cher : une nouvelle philosophie du bonheur ?

Vue de montpellier après 3h de train

Un TGV de rêve

Quelle belle invention que ce train qui traverse la France en 3h. Un vrai progrès technologique qui change la vie pour le meilleur, plus concrètement que les nano technologies, moins salement que les OGM. Et une réussite française Monsieur, issue d’une entreprise étatique en outre, qui vient sanctionner une belle idée qui perd en vigueur en ces temps de crise : oui, certaines entreprises de bien commun peuvent trouver une issue heureuse.

En voyage pour un week end

A nous les week end qui dépaysent, les allers-retours (pluriel vérifié) dans la journée, le petit-déjeuner au soleil après un départ aux aurores sous des cieux moins accueillant, les clins d’oeil complices au controleur tellement le voyage s’annonce réjouissant. Vous l’avez compris, c’est une vraie ode au TGV que leguichet chante ici. Et même s’il n’y a pas besoin de traverser la France pour se sentir loin de son quotidien, quel plaisir de pouvoir le faire.

Et la SNCF créa l’aller-retour Paris-Marseille à 320€

Malheureusement ca n’aura pas duré. Nous sommes presque trop jeunes pour en attester, mais le prix du TGV n’a cessé d’augmenter, pour devenir un luxe. La belle philosophie du voyage à laissé sa place à une belle philosophie de la rentabilité (pas de parti pris, jamais !). Au delà du prix, ce sont les variations de prix d’un jour à l’autre qui viennent gâter ce beau fruit, rajoutant de la frustration à la douleur de payer plus.

Notre objectif chez leguichet.fr est modeste mais simple : réduire les voyages que nous proposons à ceux que l’on prévoit les yeux fermés, en ayant l’agréable sensation de profiter du TGV sans se faire rouler. Si tous les billets étaient à 50€, en permanence, leguichet.fr n’aurait pas besoin d’exister. En attendant, nous sélectionnons avec amour tous les billets inutilisés à moins de 50€ pour que vous puissiez acheter les yeux fermés. Et nous continuerons à phosphorer sur ce thème qui nous est cher, alors à tous les philosophes du rail français : discutons !